Conseil n°09 : Ne pas brûler ses contacts

Dans ce billet, l’auteur se questionne sur ses stratégies à adopter pour 2011. Il y a un conseil juste que je souhaiterai reprendre et dont j’ai un exemple concret récent : ne pas brûler ses contacts.

Je suis devenu amie avec une directrice de collection. Cool me direz-vous. Elle travaille dans une prod “djeuns” et que ce soit moi ou avec mes coauteurs, on a des projets “djeuns” à lui proposer. Mais pas encore, pas tout de suite. On est pros, on veut lui présenter des projets carrés… Mais ça prend du temps d’être carré et mes coauteurs ou moi avons souvent d’autres choses sur le feu.

Elle revient vers moi en me demandant quand est-ce qu’elle pourra lire ce que je lui avais merveilleusement pitché (tu parles)… Je laisse traîner, marner, et… Elle change de boîte ! Vala ! Bien fait pour ma pomme !

J’ai donc brillamment perdu mon contact dans cette société de production et elle est partie travaillé ailleurs. Dans l’histoire je ne suis pas vraiment perdant, puisque j’ai maintenant deux contacts, mais la personne chez qui j’ai suscité un intérêt est partie dans une autre société de production où les envies seront sans aucun doute différentes…

Ne sortez du bois que quand vous êtes sûr de vous, n’annoncez rien avant de pouvoir envoyer le projet. Quand vous avez un contact vous devez pouvoir le nourrir suffisamment vite pour qu’il s’intéresse à vous, pour qu’il sache ce dont vous êtes capable. En tout cas, ne le faite pas attendre trop longtemps.

La suite sur le blog scriptlarva.wordpress.com.

Allez, au boulot !

(Merci à Yacine)

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Conseil n°08 : savoir accepter un refus

Je n’ai jamais su comment prendre un refus de la part d’un producteur, ou d’un jury de concours.

“Non votre scénario, quoique plein de qualités ne nous intéresse pas”. Ou pire “On a déjà une histoire du même acabit” Ou… Whatever…

On a passé un temps fou à écrire une mini-bible, des semaines voire des mois à rédiger un scénario, puis on passe beaucoup de temps à chercher les producteurs qui seraient intéressés. On essaye d’établir le contact, on y parvient plus ou moins bien et paf… Même pas de réponse parfois. Rien.

On ne sait pas si le scénario a plu ou pas, on a jamais vraiment d’explications. Généralement, L’absence de réponse indique un mauvais présage (en tout cas en ce qui me concerne,  un producteur n’a jamais attendu que je le rappelle pour me dire “ah ah ah c’était juste pour vous faire flipper dites donc, en fait, j’adore votre scénario, je vous le fait à quel ordre le chèque ?”).

Dans ce cas comment faire ? L’accepter. Tout simplement. Facile à dire, difficile à faire. Accepter un refus s’apparente à accepter une petite mort. Il est évident que ce n’est jamais facile, quand on débute, on ne comprend jamais vraiment pourquoi on n’a pas de réponse, et surtout pourquoi on essuie un refus.

Donc pour accepter un refus, j’accuse le coup, je rumine. Souvent, on n’a pas de réponse d’une personne qui pourtant pourrait apporter un plus au projet. Le point de vue de celui qui refuse est d’ailleurs souvent plus intéressant que le point de vue de celui qui aime (qui parfois ne saura pas dire pourquoi). Mais le prod qui n’aime pas votre projet ne va pas s’étaler sur le pourquoi du comment et passera à autre chose.

Le comportement qui s’ensuit face à un refus me fait penser aux “5 étapes de la mort annoncée” d’Elisabeth Kübler-Ross (oui ça fait peur comme ça, mais vous allez vous reconnaître) :

  1. Déni (Denial) ; Exemple – « Ce n’est pas possible, mon scénario est génial ! C’est une masterpiece ! »
  2. Colère (Anger) ; Exemple – « Purée, ils ont de la merde dans les yeux ou quoi ?! »
  3. Marchandage (Bargaining) ; Exemple – « Allez, je vous le vends pour pas cher, et je passerai le balai dans la boîte de prod ! »
  4. Dépression (Depression) ; Exemple – « Fuck… Je suis un grand artiste incompris… »
  5. Acceptation (Acceptance) ; Exemple – « Bon, ok, mon scénario, il est pas si top moumoute que ça. Je vais me remettre au boulot… » ou bien : « Pff… Je vais le filer à une autre boîte de prod… »

A l’autre bout du spectre, chez les grand scénaristes, ça se passe autrement (dans leur tête déjà) : Matthew Weiner, créateur de la série Mad Men, a une opinion bien à lui. Quand on vous oppose un refus sur un projet c’est que, bien souvent… on n’aime pas ce que vous avez envoyé… (outre le fait que votre histoire est bien construite, que votre scénario est original, etc.) :

“Quand on vous oppose un refus, il est difficile de prendre au sérieux les raisons qui vous sont données parce que le plus souvent, cela tient au fait que les gens n’aiment ce que vous proposez, même s’ils vous donnent une explication. Personne ne vous répond simplement qu’il n’aime pas ce que vous faites. Une seule personne m’a répondu ça.”

La suite de l’interview ici : Matthew Weiner – Mad Men parle d’une époque volontairement oubliée, interview du Monde des Séries.

Allez, au boulot !

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Conseil N°07 : construire sa propre théorie du récit

Un peu à l’image de Mulder qui avait toujours sa théorie sur les enquêtes farfelues qu’il était amené à faire, je suis de ceux qui croient qu’il faut en fait avoir sa propre théorie du récit, ce qu’on appelle de manière plus triviale, sa petite cuisine (mais elle peut être grande, américaine, ou avoir été montré en kit).

Il n’y a pas que Truby dans la vie. Ou McKee. Ou Lavandier (qui m’a toujours d’ailleurs fait penser à de la lessive). Si vous analysez un film fini, si vous refaites le chemin inverse et que vous réécrivez le séquencier (voire le scénario en entier, soyons maso) vous vous retrouverez donc avec l’impression d’avoir les mêmes mots que le scénariste qui l’a sué sang et eau. Vous vous retrouverez en face d’un scénario parfait, copie papier du film. Et là vous vous dites “si seulement j’arrivais à écrire un truc comme ça du premier coup” ou de manière plus réaliste : “si seulement ma V8 ressemblait à quelque chose…”

C’est une erreur. Vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Faire cet exercice d’analyse est intéressant et formateur, mais aussi un peu frustrant (et souvent vous le ferez sur un film que vous aimez). La réalité de l’écriture est tout autre. Tout comme la théorie.

Chez Truby c’est 22 “steps”, chez Seinfield c’est 12 “beats”, Campbell 12,… En oubliant que toutes leurs théories proviennent de la littérature et du théâtre… européen… Vladimir Prop découpait un conte en… 31 étapes…

“Une théorie (du grec theorein, « contempler, observer, examiner ») désigne couramment une idée ou une connaissance spéculative et vraisemblable, souvent basée sur l’observation ou l’expérience, donnant une représentation idéale, éloignée des applications.

Le terme « théorie » est parfois employé pour désigner quelque chose de temporaire ou de pas tout à fait vrai,”

Une théorie du scénario (ou en général) est donc une observation. Et rien d’autre. Vincent Colonna utilise un terme très intéressant la “modélisation”.

C’est pourquoi les règles édictées doctement par les théoriciens qui analysent eux aussi d’après l’image et non pas sur pièce (sur le scénario) ont souvent un goût d’utopie. On ressent confusément que quelque chose cloche. Comme le dit la définition que “ce n’est pas tout à fait vrai”. C’est tout simplement que les Yves Lavandier ou John Truby ont analysé plusieurs scénarios pour en arriver à leur théorie. Truby a l’honnêteté de placer en épithète de ses sentences : “Dans la plupart des cas, ça se passe comme ça…” ou plus précisément “le public préfère plutôt ce type d’histoire…” C’est sa culture et son “merchandising”

Bref, quand vous analysez un film, construisez votre propre théorie. En somme, la théorie n’est qu’une analyse (analyse vient du terme découper), une façon de voir, un point de vue sur la dramaturgie (comment raconter une histoire) et un point de vue sur la vie (pourquoi vous racontez votre histoire). Mais c’est le point de vue de l’autre ! De l’auteur que vous observer, du film que vous regardez !

Plus votre théorie vous sera propre (avec pourquoi pas vos propres termes) et plus votre style et votre univers vous seront reconnaissables (Ah tiens, ça c’est du Woody Allen, ça, du … ) Vous remarquerez qu’on ne dit pas “Ah tiens, ça c’est du Truby”.

Non seulement votre style et votre dramaturgie sera singulière mais aussi et surtout vos histoires.

Allez, au boulot.

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Conseils N°06 : comment écrire une comédie romantique ?

A l’occasion de la Saint Valentin je vous propose un schéma et un article sur l’écriture de comédie romantique.

Le premier, sur un tableau qui a déjà été diffusé ici ou là (non non cherchez pas, y a pas de lien).


Et un deuxième article, sur l’étude des professions des héroïnes dans les comédies romantiques (c’est en anglais). Pour résumer, la nouvelle héroïne de comédie romantique travaille dans l’univers de la médecine (Sex Friends), des magazines/journalisme (Le Diable s’habille en Prada), dans la restauration (de préférence hype), à la télévision, dans l’événementiel, dans la mode, dans l’édition ou… dans la politique (même si l’article nous explique que le personnage n’a jamais d’ambition politique, il s’agit de faire une comédie romantique, pas un film social !)… C’est sur le NYMag.

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Conseil N°05 : trouver ce qui vous inspire

Attention, ce n’est pas un billet sur les idées, ou comment en trouver (oui désolé). Mais plûtot le conseil de Kurt Sutter (scénariste sur The Shield et créateur de Sons of Anarchy, un débutant quoi) qui dit beaucoup de choses intéressantes sur son blog, dont celle-ci :

“Mon  second conseil est d’arrêter de lire les revues de la profession pour y trouver “ce qui se vend”. C’est la mort créative assurée. Si vos co-auteurs ou agents vous encouragent à écrire le prochain Inception, Lost ou Modern Family, dites-leurs d’aller se faire foutre. Ecrivez ce qui excite votre imagination, pas votre porte-feuille. Trouvez les sujets qui vous inspirent, qui vous font ressentir quelque chose, qui titillent vos instincts primaires. Ce questionnement vous mènera à la découverte de vos thèmes personnels — les motifs émotionnels qui font de vous ce que vous êtes : un être humain et un artiste. Quelques-uns de mes thèmes de prédilection sont la rédemption, la paternité et la représentation de la virilité. Ce sont ces problématiques qui nourrissent mon besoin de création et guide mes choix créatifs. Trouvez les vôtres.”

La suite sur le blog de Kurt Sutter.

Allez, au boulot !

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Conseil N°04 : Prendre des douches

Oui, c’est ce qu’on apprend lors de l’interview du Grand Aaron Sorkin… Ou comment savoir se déconnecter de son travail pour mieux y revenir. Méthode à étudier le plus sérieusement du monde !

Extrait :

“Aaron, parlez-nous de votre méthode d’écriture. Comment vous y prenez-vous ?

Aaron Sorkin – Je n’ai aucune méthode mais je prends des douches. Jusqu’à six ou huit par jour. Je n’ai pas la phobie des microbes, ce n’est pas un TOC : je prends une douche chaque fois que j’ai besoin de me relancer. Lorsque j’ai passé deux heures à fixer le curseur qui clignote sur la page blanche, je deviens grincheux : je prends une douche très chaude, je mets des vêtements propres, voilà une nouvelle journée qui commence. Un reboot. Je vis à Los Angeles et comme tout le monde là-bas j’ai une piscine. Parfois je fais un plongeon puis je prends une douche. Je répète ce rituel plusieurs fois dans la journée. A l’opposé, quand l’écriture marche, c’est très physique. Je me lève devant l’ordinateur, je saute partout, je joue tous les personnages (il mime la scène), je me sens très excité. Je me tiens très mal en écrivant : au bout d’un moment je ne peux plus continuer, j’ai mal partout. Quatre heures devant l’ordi équivalent à quatre heures de muscu. Donc je prends une douche. Je vis ainsi quatre ou cinq journées dans la même journée. J’utilise beaucoup plus d’eau que je ne devrais et je sais, c’est mal.”

La suite ici : The Social Network : Entretien avec David Fincher et Aaron Sorkin, article des inrocks.

Allez, au boulot !

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Conseil N°03 : Être conformiste

… et surtout pas innovant.

Un article du figaro nous apprend que le public a enfin compris ce que nous scénaristes français savions écrire : du polar et de la comédie. Et tout autre genre de fiction sera détruit sur la place publique (ou en tout cas largement boudé). Bref, pour du drama, on repassera…

Bon, seul truc rassurant :

“C’est avant tout l’intrigue qui les séduit à 76%. «Jean Gabin avait raison de dire qu’un film à succès est avant tout celui qui raconte une belle histoire», sourit Jean-Pierre Panzani. (directeur du marketing et de développement au département télé de Médiamétrie)”

Allez, au boulot !

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